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Pour les petits, mais aussi les grands, pour reprendre contact un instant

avec le merveilleux en chacun d'entre-nous...

Les compagnons de la chanson avec Elfie : "Chante-la ta chanson"

 

 

 P1040197areP1040197are Entrée du parking
 P1040198areP1040198are  Accès à la salle d'accueil de "la maison dans le jardin"
 P1040351areP1040351are  Vue d'ensemble de la salle
 P1040405areP1040405are  Coin dînette
 photophoto Motos et voitures
 photo6-mediumphoto6-medium Coin bébé
  Des tables pour goûter, dessiner, bricoler ...

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Catégorie : Non catégorisé
Publié le lundi 3 novembre 2014
Écrit par Super User

 

Vue d ensembleVue d ensemble

 

LES SPÉCIFICITÉS

La Maison Dans le Jardin est un lieu d’accueil enfants-parents, créé à Bois-Colombes il y a 24 ans, dans l’esprit de la Maison Verte de Françoise Dolto.

Il nous apparaît important aujourd’hui d’en repréciser quelques-unes des spécificités, dans la mesure où, sous la même appellation, coexistent désormais des structures qui en ont repris quelques éléments, mais ont souvent abandonné ce qui a fait et continue de faire toute l’originalité de ce concept.

On y trouve bien sûr la plupart du temps les mêmes dénominations : accueil, accueillants, écoute, échange, espace de jeu ..., les mêmes règles : rester avec l’enfant, ne pas franchir une ligne symbolique, inscrire le prénom de l’enfant sur un tableau …

Par contre, l’essentiel, le fondamental du concept de Dolto a trop souvent disparu.

Des notions telles que l’anonymat, la confidentialité, l’ouverture à tout adulte accompagnant un enfant, la référence à la psychanalyse …, ont été oubliées ou malmenées. Pas nécessairement de façon délibérée, réfléchie, mais beaucoup plus par pragmatisme, souci d’efficacité concrète, et aussi manque d’élaboration, de réflexion approfondie sur les objectifs et ce que l’on entend réellement par accueil.

Beaucoup se sont créés avec les moyens du bord, avec un sentiment d’urgence, en oubliant que l’anonymat et la confidentialité ne peuvent être respectés quand par exemple, les accueillants sont par ailleurs des professionnels (psychologues, éducateurs de jeunes enfants, assistants sociaux …) connus et connaissant déjà les familles à partir de leur fonction particulière dans la PMI.

L’appellation « Lieu d’accueil enfants-parents » est elle-même malmenée, parfois transformée en mettant le mot parents avant celui d’enfants. Cette idée de mettre l’enfant en premier était pourtant essentielle, parce qu’allant à l’encontre de la conception habituelle du tout petit qui, bien sûr, ne pourrait pas comprendre, puisqu’il ne parle pas encore.

A la Maison Dans le Jardin, l’accueillant s’adresse d ‘abord à lui, quelque-soit son âge, et pas à la personne qui l’accompagne, même si bien sûr, c’est elle qui donnera le plus souvent les réponses. Cela surprend très souvent les adultes mais c’est fondamental, car c’est ce qui constitue cet enfant en tant que sujet à part entière et non plus en objet de l’échange. L’accueillant parle avec lui, et non pas seulement de lui.

Le fait d’avoir, dans cette dénomination, précisé : « parents », a aussi amené à oublier que ces lieux devaient pouvoir être ouverts à toute personne accompagnant un enfant, qu’elle ait ou non un lien de parenté avec lui.

La notion de parentalité qui s’est développée ces dernières années a entrainé beaucoup de lieux à se restreindre aux seuls parents, en excluant les assistantes maternelles, gardes à domicile, d’ailleurs souvent poussés dans cette voie par les organismes qui subventionnent déjà des lieux qui leur sont destinés, tels que les RAM. Ces structures, réservées à l’origine aux assistantes maternelles, ont vu récemment leur domaine d’intervention s’étendre aux gardes à domicile, mais les moyens ne suivent pas nécessairement et l’information ne parvient pas toujours non plus à ces professionnelles le plus souvent sans formation et aux conditions de travail non réglementées.

Or, un petit enfant dépend presque complètement, pour son développement psychique, de son environnement –environnement humain pris au sens large et qui inclut ainsi les grands-parents, les assistantes maternelles et les gardes d’enfants. Pour ceux des enfants qui passent beaucoup de temps avec des « nounous », « tatas », les relations qu’ils créent avec elles sont d’une grande importance et concernent donc des accueils tels que le nôtre, axés, entre autres, sur la prévention de troubles ultérieurs dont une partie pourrait être due à des écueils des relations précoces avec les différentes personnes qui s’occupent d’un enfant.

Lorsqu’un enfant est confié une partie du temps à une personne extérieure à la famille proche, c’est dans ce cadre, entre autres, qu’il se développe et il serait contradictoire avec notre mission que d’écarter ces situations. C’est la réalité de ces enfants et il nous faut la prendre en compte.

D’ailleurs, le fait que certaines choisissent de venir avec les enfants dont elles ont la charge à la Maison Dans le Jardinmontre bien qu’elles en ont compris l’intérêt : en premier lieu, l’anonymat et la confidentialité qui leur permettent de nous confier leurs difficultés, sans crainte de se voir éventuellement privées de leur travail.

Comme pour les parents, l’absence de jugement, qui privilégie l’écoute et la volonté d’aide, permet de créer un espace différent, complémentaire, favorisant l’émergence d’une parole libre, authentique, capable de remises en question d’autant plus importantes qu’elles ne sont pas imposées de l’extérieur.

Exprimer ses doutes devient possible parce que non-menaçant, que les raisons de cette crainte soient imaginaires ou bien réelles.

A l’opposé des attitudes défensives habituelles, la demande d’aide peut se formuler, à partir de la confiance qui s’installe progressivement. Les accueillants, par leur écoute bienveillante et l’éclairage qu’elle produit, parviennent le plus souvent à infléchir ces attitudes, comportements, qui pourraient être préjudiciables aux enfants. La prévention en est d’autant plus efficace.

Une autre spécificité de la Maison Dans le Jardin, qui tient elle aussi à sa référence à la psychanalyse, consiste à offrir à l’enfant un espace de jeu libre, non directif, à partir de ce qui est mis à sa disposition dans la pièce.

Il ne s’agit pas de proposer des activités, jeux à visée éducative qu’il peut trouver par ailleurs, encore moins occupationnelles, comme malheureusement il en existe encore dans certains lieux uniquement dédiés à la garderie, mais plutôt, de laisser l’enfant s’exprimer librement dans des jeux spontanés, auxquels nous pouvons bien sûr participer.

Les accueillants peuvent, de par leur formation analytique, mettre en lien ce que l’enfant cherche à exprimer, consciemment ou non, avec ce qui se passe ou se dit du côté de l’adulte qui l’accompagne.

Il est par exemple fréquent de découvrir qu’il a parfaitement connaissance de la grossesse de sa mère, pourtant persuadée d’avoir gardé le secret jusque-là : certains jeux avec des animaux, ou des poupées cachées sous les vêtements en étant le signe manifeste.

D’autres peuvent attirer notre attention en jetant ou brutalisant une poupée. Il ne s’agit pas de plaquer une interprétation toute faite, mais de trouver un sens avec les éventuelles difficultés rencontrées par cette famille.

Ces jeux peuvent renvoyer à des vécus très différents et les accueillants doivent rester très prudents avant de proposer une interprétation. Elle pourrait en effet, si elle s’avère fausse qui plus est, beaucoup choquer et déstabiliser le parent.

Ce que nous enseigne la psychanalyse des enfants, c’est que le jeu est leur moyen privilégié d’expression de leur vécu, des tensions familiales ou de leurs conflits internes. Il est pour nous tout aussi important que ce que l’adulte peut nous dire, venant parfois le confirmer, ou, au contraire, l’infirmer.

Les chutes sont très souvent liées à l’expression d’un ressenti de lâchage psychique. L’enfant cherche alors à capter l’attention de son adulte référent, souvent accaparé par une discussion avec d’autres adultes. Il peut symboliser par la chute d’une poupée, mais aussi se mettre en danger lui-même du haut de la petite structure à grimper par exemple.

Nous intervenons alors en verbalisant ce que nous avons compris du ressenti de l’enfant, de manière à être entendu également de l’adulte, pour éviter une escalade dans la mise en danger. Le simple fait de retrouver le regard, donc l’attention de l’adulte, permet à l’enfant de retrouver des jeux moins risqués.

Le rôle de l’accueillant à la Maison Dans le Jardinest donc particulièrement délicat et nécessite une expérience, une formation qui font malheureusement défaut à nombre d’accueillants de lieux d’accueil enfants-parents. Certains s’apparentent davantage à des animateurs de ludothèques ou de halte-garderie ; d’autres ont bien la même visée préventive, mais n’en ont pas réellement les moyens.

Il nous semble en tout cas essentiel de continuer à maintenir cette spécificité et d’encourager tous ceux qui souhaitent créer ce genre de lieu, à prendre le temps de la réflexion pour l’élaborer, en tenant bien compte de ces différences trop souvent considérées comme minimes, quand elles ne sont pas carrément déniées, alors qu’elles sont à nos yeux fondamentales.